le blog des fanas de livres

Une famille passionnée par la lecture et qui veut vous faire partager ses découvertes

08 mai 2008

Ma vie rebelle, Ali Ayaan Hirsi

ma_vie_rebelle parution 10/2006 - 500 p - prévu bientôt en poche -

Autobiographie. Ayaan Hirsi Ali est né en Somalie, en 1970, d'un père opposant à la dictature de Siyad Barré. Elle va connaître très jeune la vie de réfugiée, en Arabie Saoudite, en Ethiopie et au Kenya. Sa mère, et surtout sa grand-mère, l'élève dans le respect et la peur de la religion musulmane. Elle sera excisé à 5 ans, comme toutes les petites filles de son clan. "Cela donnait lieu à beaucoup de fanfaronnades. Chacune se vantait d'être cousue plus serré que les autres, ce qui la rendait plus pure, doublement virginale. Jawavir, surtout, était très fière de sa circoncision - elle en parlait sans cesse. "Tu vois la paume de ma main? disait-elle. C'est comme ça sur moi. Plat. Fermé"

A l'adolescence, elle se tourne vers Dieu et la religion, porte un hijab... mais petit à petit, son esprit critique prend le dessus. C'est surtout la sous-condition des femmes qui la heurte. Elle refuse la mariage arrangé par son père et s'enfuit, seule, au Pays Bas. Elle a 22 ans. Là, réfugiée, elle va pouvoir entamer des études de sciences politiques et, devenu de nationalité néerlandaise, être élu au Parlement.

Son combat est celui de l'oppression des femmes musulmanes, qu'elles comprennent que leur souffrance est inacceptable. Elle veut aussi lancer un débat sur la réforme de certains aspects de l'islam, permettre à ses membres de se poser des questions et de critiquer leurs croyances.

En 2004, elle tourne avec Théo Van Gogh un court métrage "Submission, Part1", ou elle décrit la soumission des femmes musulmanes. Deux mois après le tournage, Théo est assassiné par un musulman, et elle est obligé de vivre avec deux gardes du corps en permanence.

Aujourd'hui émigré aux Etats-Unis, elle souhaiterait pouvoir revenir en Europe. Elle a été récemment reçue par Rama Yade qui es intervenue en sa faveur pour que le Parlement Européen paye le prix de sa surveillance.

Livre très fort, poignant et courageux, ou elle décrit très bien le système de l'intégration : la possibilité de tomber dans l'intégrisme, de ne pas vouloir s'intégrer dans un pays. Elle est aussi très critique vis à vis de l'islam, religion qu'elle ne pratique plus.

C'est un livre à lire, pour mieux comprendre une partie du monde qui nous entoure

Extraits : Avec Ellen, nous discutions souvent de religion. Sa relation avec Dieu, fondée sur le dialogue et l'amour, formait un contraste frappant avec la peur et la soumission qui caractérisaient la mienne. Ellen avait grandi dans une famille protestante fondamentaliste : ses parents étaient membres d'une secte réformiste très stricte. Ils allaient à l'église deux fois tous les dimanches et l'obligeaient à porter des jupes longues. Elle avait eu besoin de prendre de la distance; à présent, elle cherchait une nouvelle façon de vivre sa foi et se posait beaucoup de questions. De mon côté, je trouvais sa religion beaucoup moins restrictive que l'islam que je connaissais - beaucoup trop commode et attrayante en fait, pour être vraie.

Haweya et moi lisions sans arrêt. Mahad lisait aussi - et si nous lui rendions un service, il nous prêtait les romans à suspense de Robert Ludlum empruntés à ses copains. Plus tard vinrent les romans d'amour, Barbara Cartland, Dannielle Steele. Toutes ces lectures, même de qualité médiocre, véhiculaient des idées- égalité des races, égalité des sexes - et les concepts de liberté, de lutte, d'aventure qui m'étaient inconnus. Même nos bons vieux livres de biologie et de sciences naturelles semblaient nous indiquer la voie : progresser dans les connaissances et chercher à faire avancer l'humanité.

Je lui ai dit que j'avais des remords quand je pensais à ce que j'avais fait à mes parents : je m'étais montrée si égoïstes. Mais elle m'a répondu que j'avais eu raison de faire passer mon intérêt en premier. Prendre sa propre vie en main n'a rien d'égoïste : tout le monde a droit au bonheur. J'avais fait le bon choix. Cela m'a réconfortée : après tout, je n'étais peut-être pas si mauvaise. Pour les musulmans, la vie sur terre est une mise à 'épreuve. L'objectif n'est pas d'être heureux mais de montrer au contraire qu'on peut renoncer à son intérêt personnel, servir Allah, et gagner ainsi sa place au paradis. Plus notre abnégation est profonde, plus notre vertu est grande.

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05 mai 2008

Les festivals littéraires bretons

Et oui, ça bouge en région Bretagne ! Deux manifestations ayant pour thème les livres et la littérature auront lieu prochainement : je vous les présente brièvement.

etonnant_voyageur à Saint Malo, du 10 au 12 mai 2008 -

« Quand les écrivains redécouvrent le monde ».

3 jours dans la cité corsaire d'où partirent tant d'aventuriers et d'explorateurs, pour vivre un festival du livre qui s'ouvre vers le monde extérieur. Programme ici

J'irai sûrement y faire un tour. Qui vient ?

ptitbouqu__page_01à Rennes, du 19 au 31 mai 2008 - littérature jeunesse

Cette manifestation est l'occasion de rencontres avec 13 auteurs et illustrateurs au cours d' expositions, de rencontres et de conférences programmées dans l'ensemble du réseau des bibliothèques de Rennes.

Les filles sont inscrites à un atelier calligraphie, et à une lecture d'un livre par son auteur. A suivre...

Le programme complet des rencontres, conférences et ateliers est ici

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03 mai 2008

Les bottes rouges, de Bartelt Franz

les_bottes

Le narrateur vit depuis 10 ans dans un petit village sans histoire. Il est « localier », le correspondant du journal local. A lui la nouvelle motopompe des pompiers, la visite de personnalités dans le village… Tous les soirs, son voisin, Basile, vient vider des bières avec lui, pendant qu’il épluche des pommes de terre, son passe-temps favori. Mais voilà qu’une histoire de mari infidèle va ébranler cette vie tranquille.

Beaucoup d’humour et d’esprit caustique dans cette description sans fioriture de la vie d’un « localier » dans un petit village pluvieux.  J’ai ri plus d’une fois malgré le côté sombre de l’histoire.

De plus, l’écriture est très vivante, assez soignée. Je mets plusieurs extraits pour que vous en jugiez.

Livre à découvrir, bon moment de détente et de plaisir.

Extraits :

"Les qualités professionnelles du correspondant local tiennent surtout dans le soin avec lequel il s’attachera à produire des articles dont on aurait pu se passer aussi bien localement que dans le reste de l’univers. Il mettra aussi un point d’honneur à les rédiger dans un style dont rien ne pourra laisser supposer qu’il pourrait être encore plus inexpressif. L’objectivité est plate, à ce que prétendent les rédacteurs en chef. Cela possède au moins le mérite de classer la tranche de jambon, la sole et l’eau du robinet au même degré d’objectivité.

Quand on y pense, reprit-il, les choses du sexe, c’est vraiment dégoûtant. Ca coule, ca se raidit, ça mouille, ça crache, ça s’enfonce, ça se défonce, ça se mélange, c’est gluant, ça colle. Heureux qu’on n’y pense pas avant, objectivement, je veux dire…

Il n’y a guère que les gens qui ont du temps à perdre qui perdent leur temps. Les autres trouvent à s’employer utilement dans ce qu’ils font comme dans ce qu’ils ne font pas. On remplit sa vie tout aussi bien avec de l’immobilité  qu’avec de l’agitation. Regarder pousser les flaques d’eau dans la rue est une occupation importante, essentielle, quand on aime les flaques d’eau. Il est fort bien pensé que la société se soit toujours retenu de rabaisser la contemplation libre et gratuite de la pluie, de la neige, du ciel, des ruisseaux, au niveau d’une profession, fût-elle profession de foi, ce qui aurait transformé en devoir ce plaisir si simple et si sain, en corvée, en carrière. "

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01 mai 2008

Pauline, de Dumas Alexandre

pauline écrit en 1838 -

Quelle bonne idée du Blogoclub de lecture de nous avoir proposé de lire un livre du 19 ème siècle. Je me suis donc plongée dans Dumas, que je n'avais pas lu depuis ..... très longtemps !!!

Ah, tout y est : les évanouissements, les sels, les brigands, l'honneur, l'amour, l'amitié, les tournures de phrases à l'ancienne, les subjonctifs...

J'adore !!!! et je me suis retrouvée des années en arrière, quand, jeune fille, j'étais plongée dans les Daphné du Maurier (ah, l'auberge de la Jamaïque) et autres "vieilleries".

Ça m'a fait beaucoup de bien de relire un livre comme ça! ça change des contemporains, et c'est une parenthèse très agréable. Je vous le recommande.

Extrait : "Soit que vous restiez en France, soit que vous la quittiez, disposez de moi, madame, à titre d'ami ou de frère; ordonnez que je vous accompagne de près, ou que je vous suive de loin, faites-vos de moi un défenseur avoué, ou exigez que j'aie l'air de na pas vous connaître, et j'obéirai à l'instant; et cela, madame, croyez le bien, sans arrière-pensée, sans espoir égoïste, sans intention mauvaise. Et maintenant que j'ai dit, oubliez votre âge, oubliez le mien, ou supposez que je suis votre frère.

- Merci me dit la comtesse avec une voix pleine d'une émotion profonde, j'accepte avec une confiance pareille à votre loyauté; je me remets tout entière à votre honneur, car je n'ai que vous au monde : vous seul savez que j'existe."

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28 avril 2008

Un enfant de l'amour, de Lessing Doris

un_enfant

   

Deuxième livre que je lis de cette auteure (après Vaincue par la brousse, son premier roman, qui fut un coup de coeur), et j’ai retrouvé avec plaisir son écriture fluide et riche.

Doris Lessing va nous raconter la vie de James, jeune anglais rêveur sans avenir, pendant la guerre 39-40. Il va être envoyé avec son régiment en Inde. Long voyage en bateau, ennui, maladie, chaleur… et lors d’une escale au Cap, il va rencontrer pendant quelques jours une jeune femme en mal d’amour. Pour lui, va naître un amour inconditionnel, une passion qui va l’aider à surmonter les 4 années d’attente en Inde. Mais pour elle, ce n’était qu’une escapade amoureuse. Rentré en Angleterre, à la fin de la guerre, il va continuer à fantasmer sur cet amour…

Très bonne description du voyage interminable, de ces femmes du Cap qui attendent les soldats comme une parenthèse de plaisir et de fête, l’attente interminable en Inde ou le régiment va "espérer" pendant des années une bataille contre les japonais, mais va plutôt servir à conserver la colonie…. Mais surtout, Doris Lessing sait à merveille décrire les caractères de ses personnages, leurs attentes, leurs envies.

Très bon livre, qui ne me laissera pas un souvenir impérissable mais qui a été très plaisant à lire.

Extrait : « Quand elle était arrivé en Afrique du Sud, Daphné avait reproché à Betty , la Sud Africaine de naissance et de culture, de se comporter devant son personnel comme si celui-ci n’existait pas. Un jour, Betty était sortie nue de sa salle de bains et avait traversé sa chambre, offerte à la vue du jardinier, qui travaillait juste de l’autre côté des portes-fenêtres. Elle était planté là, à discuter, en se brossant les cheveux, et virevoltait comme si l’homme n’était pas là. Quand Daphné lui avait dit ses quatre vérités, elle s’était rendu compte, pour la première fois que ses domestiques lui étaient devenus aussi invisibles que des serviteurs mécaniques. Ils étaient bien payés – car on n’est pas pingre au Cap (« Nous payons nos gens bien mieux qu’on ne le fait à Johannesburg ») ; bien nourris, ils se voyaient emmener régulièrement chez le médecin, accorder des généreuses heures de liberté. Mais pour Betty, ils n’existaient pas en tant qu’êtres humains. »

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26 avril 2008

Pour Astrid

Un allez-retour à Rennes pour l'enterrement d'une amie qui s'est, comme on le dit si souvent, battue courageusement contre la maladie...

Plein de pensées à son mari et ses 4 si jeunes enfants....

Sur la mort d'une rose

Cette rose qui meurt dans un vase d'argile
Attriste mon regard,
Elle paraît souffrir et son fardeau fragile
Sera bientôt épars.

Les pétales tombés dessinent sur la table
Une couronne d'or,
Et pourtant un parfum subtil et palpable
Vient me troubler encore.

J'admire avec ferveur tous les êtres qui donnent
Ce qu'ils ont de plus beau
Et qui, devant la Mort

s'inclinent et pardonnent
Aux auteurs de leurs maux,

Et c'est pourquoi penché sur cette rose molle
Qui se fane pour moi,
J'embrasse doucement l'odorante corolle
Une dernière fois.
 

Raymond RADIGUET

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11 avril 2008

C'est les vacances...

un petit tour sur les pistes...

martine_1

... suivi d'un petit tour sur les plages bretonnes...

plage

... et nous serons de retour dans 15 jours, frais et dispos...

Posté par gambadou à 12:46 - bric à brac - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 avril 2008

une ballade en bord de Rance

Hier, notre groupe de gym de filles !!! organisait une sortie "marche" en bord de Rance. Nous sommes partis du village du Minihic sur Rance pour aller vers la très belle malouinière de Montmarin.

Super journée, pique-nique au soleil, marche le long de l'eau.... Mmmm, ça fait du bien de se prendre une journée pour soi !

mozaique_minihic

Vive la Bretagne et ses si beaux paysages.

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07 avril 2008

Dieulefit ou le miracle du silence, de Vallaeys Anne

dieulefitparution 02/2008 - 250 p

En fait, je cherchais un cadeau à offrir à une amie qui va nous recevoir pendant les vacances... je ne sais pas pourquoi (!!!) mon dévolue c'est porté sur un livre... Comme le père de cette amie habite à Dieulefit et qu'elle y passe ses vacances, je suis tombée sur ce titre. Bon, je sais que ça ne se fait pas (vous le faites vous?) je l'ai lu avant de lui offrir !

C'est l'histoire d'un village en Drôme provençale et celle, en parallèle, de femmes qui ont accueillis, cachés, falsifiés les papiers de résistants, juifs, réfugiés de tous horizons.

Il y a la forte tête : mademoiselle Marguerite Soubeyran, qui décide, avant la guerre, d'ouvrir une école à Dieulefit. Une école destinée à tous les enfants laissés pour compte par le système scolaire. Une école sans grillage, ou chacun apprend à sa vitesse. Et puis il y a Catherine Kraft, premier amour, qui la suit dans l'aventure et reste quand ce ne sont plus des enfants en difficultés scolaires qui composent l'école, mais des enfants aux origines pourchassées. Il y a aussi Simone Monnier, dernier coup de coeur de Marguerite, qui formera avec celle ci un couple de "grand-mère" accueillant. Et puis il y a Jeanne Barnier, jeune secrétaire de mairie qui va falsifier des papiers en grand nombre. Mais au-delà de ces quatre personnages, il y a tout le village de Dieulefit qui fit corps.

Anne Vallaeys enquête sur ces 4 années ou la population de Dieulefit passa de 2.500 à 5.000 personnes. Le bourg accueillait ainsi autant de pourchassés qu'il comptait de natifs. Pas un seul ne sera arrêté. Nul ne sera dénoncé. Cela vient-il de la religion des habitants, pour la plupart protestants, qui ont connu dans leur histoire de nombreuses persécutions?

Bon livre qui se lit comme un roman. Mais sûrement plus passionnant quand on connaît la région....

Extraits :

"Ça n'était un secret pour personne. Mademoiselle Soubeyran ne dissimulait pas ses opinions, son action, tout le monde était au courant. On bavardait partout. Quand j'y songe, j'en frémis encore. Au fond, nous étions un petit pays tranquille, un cercle fermé, mais les gens de Dieulefit n'ont jamais rien dit. On pourrait appeler ça : le miracle du silence."

"Hébergé à la pension Beauvallon, Aragon assistera à la fête de fi d'année de l'école. Le dimanche 5 juillet, il lut des vers de Brocéiande, son prochain recueil. A son tour, il écrit dans le livre d'or :"En juillet 42, aux sombres heures de  France, merci aux fées de Beauvallon de tranquillement démontrer qu'il n'y a aucune raison de désespérer de l'homme et de ses possibilités infinies, et d'assurer cet avenir qui vaut qu'on meure puisqu'on nous assure que la France vivra.""

Posté par gambadou à 16:18 - biographie et récit - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 avril 2008

La physique des catastrophes, de Pessl Marisha

la_physique 07/2007 - 600 p

Difficile de parler de ce livre.. Je n'ai pas été hyper déçue, comme Goelen qui a craqué avant la fin, je n'ai pas été hyper enthousiaste, comme nombreuses de mes amies qui m'ont donné envie de le lire, mais c'est un livre qui marque par l'originalité de son écriture.

Bleue Van Meer, 16 ans, enfant américaine surdouée est élevée par un père universitaire fantasque. Il l'élève dans les livres, et ses seuls références se trouvent dans les pages des nombreuses lectures qui parsèment sa vie. Une vie qui va basculer à la suite d'une rencontre... Elle prend donc la plume pour nous le raconter, et à chaque fois qu'elle se trouve devant une situation, elle met entre parenthèses les coordonnées du livre qui s'y réfèrent (or l'auteur à inventé ces nombreuses références) !!!

Jusqu'à la moitié du livre, j'ai trouvé que ça se traînait, et puis, tout à coup, troisième partie (page 330 quand même!!!) ça s'emballe pour devenir haletant à la fin !

Donc une critique mi figue - mi-raisin. Me restera ces nombreuses petites phrases notées ci-après, qui m'ont enchantée dans ma lecture.

"Ce fut une étreinte épique, héroïque, tentaculaire - superproduction, dix mille figurants (par opposition à brève, granuleuse, de série B)."

"Mon admission dans leur cercle magique se fit avec la douceur du Débarquement en Normandie."

"Chaque fois que tu quittais cette maison aussi légère qu'un grain de riz soufflé au chocolat, uniquement vêtue de ce que les libres penseurs qualifieraient unanimement de Kleenex, je n'ai rien dit, parce que j'ai considéré - à tort semble-t-il - que vu ton niveau d'éducation, tu finirais par te rendre compte que ce petit jeu de "je te tiens par la barbichette", que ces soi-disant amis, ces potes avec qui tu as choisi de traîner, ne sont qu'une perte de temps, que leur opinion d'eux-mêmes, et du monde, est, pour le moins, éculée. Mais tu sembles souffrir d'un grave cas d'aveuglement."

"Je me faufilais [...] le long des maisons d'un calme olympien, avachies dans leurs pelouses lisses comme des éléphants endormis sur une patinoire."

"Il sourit, exhibant deux incisives tordues cachées l'une derrière l'autre comme si elles avaient le trac."

"Âgé d'une quarantaine d'années, le cheveu mou couleur auburn et l'oeil las d'un maître nageur à la fin de l'été"

"Je savais combien c'était flatteur que Hannah vous parle en privé : elle vous attrapait comme un livre par la couverture, pliait hardiment votre tranche et scrutait vos pages à la recherche de l'endroit où elle avait  interrompu sa lecture, impatiente de connaître la suite."

" Le poigne du soleil perdait en force, et des ombres noires gisaient dans ma chambre comme des veuves maigrichonnes empoisonnées à l'arsenic."

"l'après-midi ressemblait à un adolescent à l'oeil éteint, à une baroudeuse qui traîne autour d'un bouge, à une guirlande de Noël fatiguée."

Posté par gambadou à 12:33 - roman étranger - Commentaires [28] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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