03 mai 2008
Les bottes rouges, de Bartelt Franz
Le narrateur vit depuis 10 ans dans un petit village sans histoire. Il est « localier », le correspondant du journal local. A lui la nouvelle motopompe des pompiers, la visite de personnalités dans le village… Tous les soirs, son voisin, Basile, vient vider des bières avec lui, pendant qu’il épluche des pommes de terre, son passe-temps favori. Mais voilà qu’une histoire de mari infidèle va ébranler cette vie tranquille.
Beaucoup d’humour et d’esprit caustique dans cette description sans fioriture de la vie d’un « localier » dans un petit village pluvieux. J’ai ri plus d’une fois malgré le côté sombre de l’histoire.
De plus, l’écriture est très vivante, assez soignée. Je mets plusieurs extraits pour que vous en jugiez.
Livre à découvrir, bon moment de détente et de plaisir.
Extraits :
"Les qualités professionnelles du correspondant local tiennent surtout dans le soin avec lequel il s’attachera à produire des articles dont on aurait pu se passer aussi bien localement que dans le reste de l’univers. Il mettra aussi un point d’honneur à les rédiger dans un style dont rien ne pourra laisser supposer qu’il pourrait être encore plus inexpressif. L’objectivité est plate, à ce que prétendent les rédacteurs en chef. Cela possède au moins le mérite de classer la tranche de jambon, la sole et l’eau du robinet au même degré d’objectivité.
Quand on y pense, reprit-il, les choses du sexe, c’est vraiment dégoûtant. Ca coule, ca se raidit, ça mouille, ça crache, ça s’enfonce, ça se défonce, ça se mélange, c’est gluant, ça colle. Heureux qu’on n’y pense pas avant, objectivement, je veux dire…
Il n’y a guère que les gens qui ont du temps à perdre qui perdent leur temps. Les autres trouvent à s’employer utilement dans ce qu’ils font comme dans ce qu’ils ne font pas. On remplit sa vie tout aussi bien avec de l’immobilité qu’avec de l’agitation. Regarder pousser les flaques d’eau dans la rue est une occupation importante, essentielle, quand on aime les flaques d’eau. Il est fort bien pensé que la société se soit toujours retenu de rabaisser la contemplation libre et gratuite de la pluie, de la neige, du ciel, des ruisseaux, au niveau d’une profession, fût-elle profession de foi, ce qui aurait transformé en devoir ce plaisir si simple et si sain, en corvée, en carrière. "
Commentaires
C'est un très bon "classique" de l'auteur !
Bon week-end, sans bottes !
Je l'ai lu alors que j'étais croorespondante pour Ouest-France et j'avais beaucoup ri. Ce roman est très proche de la "vraie réalité" ;-D
Je note ! J'aime bien cet auteur. Val me l'a fait découvrir. Bon week-end !
Il est noté, mais là je n'ai pas tellement le temps de lire, alors ça attendra les vacances.
Je me demandais bien quel était le lien entre les bottes rouges et les patates illustrées sur la couverture!!! ;)
A découvrir à coup sûr ! j'aime beaucoup ce Bartelt ! je viens d'en acheter (encore !) 2 hier !
@ Moustafette : ce week end c'était talon haut pour cause de mariage !
@ Anne : tu as été correspondante chez OF?
@ Bellesahi : bonne soirée !
@ Maijo : très bon livre de vacances
@ Karine : ah ah !
@ Valdebaz : et bien, j'attends tes commentaires sur ces deux là !
Oui: pendant 2 ans à l'époque bénie où je travaillais à mi-temps.
@ Anne : c'est un boulot qui m'interesserait bien, moi qui cherche un mi-temps
Chez nous aussi on aime beaucoup cet écrivain de chez nous (ardennes)! Mais je n'ai pas encore lu ce livre-ci, chose que je compte bien faire d'ici peu...
@ Aileean : moi c'était mon premier de cet auteur mais je ne compte pas m'arreter là
Le nouveau chocuocu de la blogoboule ? ! :)
Si tu veux quelques "tuyaux", tu peux m'envoyer un mail...
Tiens, tiens tu as donc lu un livre de ce même auteur ;) Il semblerait qu'il soit dans le même style.
Voilà qui me semble extrêmement séduisant :-)
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