le blog des fanas de livres

Une famille passionnée par la lecture et qui veut vous faire partager ses découvertes

20 avril 2007

Le métier d'homme, de Jollien Alexandre

le_metier_d_homme parution 10/2006 - 90 p

A la suite de la lecture de son dernier livre "La construction de soi", j'ai eu envie de retrouver Alexandre Jollien. Jeune écrivain et philosophe, cet auteur atteint d'une Infirmité Moteur Cérébral part de son expérience pour nous livrer une formidable leçon de vie.

Dans ce petit livre, il nous parle de la vision qu'il a de son handicap, et surtout du regard des autres, de la vision qu'ils ont de lui. "Je suis un anormal. On l'a dit, assez. Je l'ai senti. Les mouvements des yeux qui passent à l'examen chaque parcelle de mon être me l'apprennent : tel regard fixe le mien puis descend, là précisément ou se trouve la preuve qu'il recherche : "il est handicapé".

Travaillant de temps en temps avec des handicapés dans le cadre de l'association des Paralysées de France, j'ai ressenti le même besoin de se faire entendre, de faire comprendre qu'ils sont des hommes comme les autres, qu'ils n'ont pas besoin de compassion, de pitié et d'infantilisation mais d'un regard "normal". "Il faut combattre l'idée qui, automatiquement, laisse entendre que chaque handicapé connaît un sort peu enviable. Voilà à quoi doivent contribuer les milliers de différents qui, dérangeant et bousculant les indifférents, sont bien forcés d'assumer leur fragilité avec joie et persévérance et savent aussi jubiler devant la vie".

Beaucoup de justesse dans cet essai ou il parle de son combat, de la souffrance moral et physique "Alors que la jeune mère oublie allègrement les douleurs de l'enfantement, que le trophée du vainqueur fait disparaître courbatures et égratignures, les souffrances gratuites et stériles ne s'effacent jamais. Elles nous dépossèdent, nous privent peu à peu de la liberté. Ainsi, face au scandale et surtout à l'absurdité de ce qui fait mal, les Anciens convient à tout mettre en oeuvre pour rendre fructueux le moment douloureux. Il ne s'agit pas de courir à la recherche du danger, ni de se vautrer dans la souffrance, mais celle-ci s'imposant, d'en profiter !".

Viennent ensuite les thèmes du corps, de l'autre, de l'amitié, l'importance de ne pas se replier sur soi... tout ceci pour arriver au métier d'homme "Sacré métier d'homme ! joyeux et austère, il réclame un périlleux investissement de tous les instants."

Petit livre que je vous recommande, à conserver dans sa bibliothèque et à ressortir de temps à autres, plein de bon sens et de force, il permet de mettre de côté ses petits maux et de repartir d'un bon pied.

Le site de l'auteur est ici.

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23 janvier 2007

La construction de soi, Alexandre Jollien

la_construction_de_soi parution octobre 2006

sous titre : un usage de la philosophie

Alexandre Jollien est un IMC : Infirme Moteur Cerebral, suite à un cordon ombilical trot tard coupé. Il a passé 17 ans dans une institution  pour personnes handicapés. Philosophe de formation, marié, deux enfants, il a écrit deux ouvrages plutôt autobiographique.

Dans cet "essai", il tente de sortir de son histoire personnelle pour aller vers la réflexion. Il s'est construit par le combat, il a passé sa vie "à livrer une bataille contre les séquelles d'une infirmité qui a fini par occuper le centre de [son] existence". Il se trouve maintenant dans une période de répie, marié, 2 enfants, et il n'arrive pas à savourer son bonheur. "Comment un individu qui croit que tout s'accomplit dans la lutte peut-il accueillir gratuitement le don de l'existence?".

Pour cheminer, il va écrire des lettres à Dame Philosophie, à ses guides, mais aussi à Dame Frayeur et à la Mort. Cette correspondance va lui permettre de dessiner un "art de la joie", ou comment profiter de l'instant présent sans s'appesantir sur les insatisfactions du passé et les exigences de l'avenir.

Cette essai  est une véritable leçon de vie. Loin des  grandes théories philosophiques, Alexandre Jollien nous parle avec simplicité des aléas de la vie, de comment essayer de les accepter avec lucidité pour mieux les assumer . Ce livre est plein de bon sens, et cela fait beaucoup de bien de le lire. J'ai hâte de me procurer ses deux premiers ouvrages.

Voici quelques extraits :

"Non je ne parviens pas à apprécier ces doux instants qui portent l'arrière goût de l'éphémère et de la fragilité. Sans cesse, le tragique de notre condition se rappelle à moi et m'interdit l'insouciance."

"Que de brumes interdisent de jouir du monde! Elles se nomment préjugés, avidité, tristesse, craintes, mécontentement, dégoût de soi, égoïsme et lassitude."

"Épanouir son être ce n'est pas dominer et exercer  un pouvoir despotique sur ses penchants mais bien plutôt déployer les ressources intérieures."

"En définitive, est libre celui qui, guidé par la raison, place en lui les motifs de ses actions. Souvent, j'agis pour compenser un complexe, ou ressembler à l'autre..."

"J'espérais en t'écrivant devenir meilleur, souffrir un peu moins. Il n'en n'est rien. Mais une parole me vient désormais à l'esprit : "D'accord"."

Si vous voulez en savoir plus sur l'auteur, allez voir son site

Posté par gambadou à 09:27 - incatégoriable!! - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 novembre 2006

DE CHAIR ET D'AME, de Boris Cyrulnik

Cyrulnik parution octobre 2006

Je suis allée à une conférence organisée dans ma ville pour le lancement du livre de Boris Cyrulnik : « de chair et d’âme».

Pour ceux qui ne le connaissent pas, Boris Cyrulnik (né à Bordeaux le 26 juillet 1937) est l'un des pionniers de l'éthologie française (Science qui a pour objet, l'étude du comportement d'un être vivant dans son milieu naturel. C'est une science transversale qui chevauche des disciplines variées comme la biologie, la sociologie, la psychologie sociale, les neurosciences). Il est aussi neuropsychiatre, psychanalyste, psychologue. Professeur, écrivain, Boris Cyrulnik mélange les genres, dans le but ultime de décoder l'être humain.

Pas une seule place libre dans les 450 sièges de l’amphithéâtre…  Nous nous sommes retrouvés devant un homme très cultivé, sachant mettre ses connaissances à notre portée avec aisance, générosité et un humour enchanteur. Dommage que la conférence est été si courte (2h00) et que les sujets abordés est été un peu trop éparpillés. On a l’impression de ne pas être allé au fond des choses. La lecture du livre m’aidera peut-être à combler ce manque….

Thème de la conférence : le biologique et le chimique ont partie liés. La structure de notre cerveau peut-être modifié par l’environnement, le milieu, les relations….

1er sujet : la sérotonine

La sérotonine est un neuromédiateur essentiel dans la dépression mais également dans certains troubles du comportement comme la boulimie, l'agressivité.

Selon Boris Cyrulnik, il existe, génétiquement,  deux types de transporteur de la sérotonine :

-          les gros transporteurs : ce sont des personnes qui un côté heureux, des relations agréables, et qui ont besoin de prendre des gros risques dans leur vie.

-          Les petits transporteurs vont au contraire être heureux dans une vie stable, ils sont très sensibles au monde, à la blessure. Très émotionnel, hypersensible.

Ca ne veut pas dire que les petits transporteurs sont en bas de l’échelle, ils sont juste plus dépendants affectivement.

2ème sujet : la résilience neuronale

Ou l’importance de la relation de l’un à l’autre.

Boris Cyrulnik a été dans des orphelinats roumains, à l’époque ou c’était plus des mouroirs que des orphelinats. Les enfants n’avaient aucune relation. Leur malaise pouvait se mesurer au scanner : ils présentaient une atrophie des lobes cérébraux. Leur cerveau était altéré. Après un an en famille d’accueil, sous le fait d’interactions dites « banales » (affective) le scanner révélait qu’il y avait une récupération cérébrale.

C’est ce qu’on appelle la résilience neuronale.

3ème sujet : une mesure scientifique pour voir si on croit en Dieu !!!

Ceux qui croient en Dieu ont une régulation des ondes électriques meilleurs que les autres.

Preuve visuelle et dosable avec des marqueurs biologiques de nos alertes : la mesure est plus faible si il n’y a pas de croyance.

Preuve qu’une spiritualité, sacrée ou laïque, modifie la façon dont notre cerveau fonctionne.

Nous sommes ensuite passés aux questions qui ont rajouté aux côtés un peu confus de cette conférence :

Puberté

La puberté est d’ordre biologique

L’adolescence est d’ordre neuropsychologique

La maîtrise de la pulsion dépend de l’environnement culturel (comptine, rituel… qui donnent forme à l’impulsion).

La pulsion biologique doit rencontrer une représentation culturelle qui permet à l’enfant de respecter l’autre.

Notre intimité est remplie de l’autre.

Si la culture n’organise pas des institutions : travail, famille, école… l’adolescence se fera dans la haine.

La féminisation des hommes

Le milieu écologique et ce qui nous entoure a tellement changé que cela nous façonne différemment. Avant, on demandait à un homme de faire du social avec ses muscles, et à la femme de le faire avec son ventre. Aujourd’hui, on ne demande plus la même chose à l’homme, parce que son univers de travail a changé.

Repérage des troubles précoces

Il y a longtemps, la violence était quotidienne et normale, donc non pensable.

Maintenant, on pense à la violence.

Certains enfants ont tendance à la violence, mais ce n’est pas une fatalité. Un enfant qui a un comportement violent à deux ans ne deviendra pas forcément violent, c’est une conclusion trop déterministe.

Ce qui va le changer ce ne sont ni les médicaments, ni les CRS, mais le culturel, l’éducation, l’affection, la famille.

Attention à la prophétie auto réalisatrice : on créé ce que l’on craint

Si les enfants sont violents plus tôt, c’est le signe d’une défaillance culturelle.

Enfants élevés par des couples homosexuels

Selon lui (les psychologues ne sont pas d’accords), les enfants font la différence dans les tempéraments et les comportements de leurs deux parents, et ainsi se construisent avec une identité féminine et une identité masculine.

La preuve : dans tous les enfants qui sont dans ce cas et qu’il a rencontré, ils font une différence sémantique entre leurs deux parents « maman » et « ma maman »….

Sur le plan biologique, les études tendent à prouver qu’il y a le même taux de trouble chez les enfants élevés par des couples hétéros ou homos. L’importance vient de l’environnement culturel de l’enfant et non pas de la sexualité de ses parents.

Pour éprouver le bonheur, faut-il avoir connu le malheur ?

Oui.

Pour être heureux, il faut avoir triompher du malheur (le premier étant notre naissance).

Un enfant élevé en pléthore affective n’aimera pas ses parents. Il est privé du sentiment de victoire.

Il ne faut pas priver les enfants d’épreuves mais leur apprendre à triompher des épreuves de la vie.

            CLAP-CLAP-CLAP Final

Voilà, on en sort un tout petit peu plus instruit, mais avec plein de questions en suspend. En tout cas, ça donne envie de lire son bouquin qui est plein d'espoir.

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur cet auteur et ses autres livres, vous pouvez allez sur les blogs de Patch ou de Livrovore

Posté par gambadou à 08:09 - incatégoriable!! - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 novembre 2006

PRETE MOI TA MAIN, de Eric Lartigau

prete_moi_ta_mainsortie début novembre 2006

Exceptionnellement, je vais faire la critique d'un film.... car j'ai été le voir hier soir et j'ai vraiment beaucoup aimé : les deux acteurs sont vraiment très bons, les dialogues savoureux et drôles (j'ai largement dépassé les 10 mn de fou-rire qu'il faut avoir par jour) et il y a une pincée d'émotion et d'amour, juste comme il faut.

Ça fait toujours un peu peur d'aller voir une "charmante comédie romantique", on peut s'attendre au pire (humour lourd, sentimental rose bonbon..) Et bien ce n'est pas du tout le cas ici. Bref, vous n'en ressortirez pas plus instruit mais par contre plus gai, avec l'impression d'avoir été voir un bon film...

Sujet : Lui à 43 ans, c'est un célibataire heureux bien que infantilisé par sa mère et ses 5 soeurs, qui décident d'un coup de le marier. Pour éviter cette cérémonie dont il ne veut pas, Luis va inventer une machination avec une jeune fille rencontrée par hasard.

Posté par gambadou à 13:54 - incatégoriable!! - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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